Le journal
À coeur ouvert

Ici, je dépose ce qui me traverse, librement, sans méthode, sans attente.

J’ai longtemps cru que je devais me cacher.
Derrière les autres. Derrière un masque. Derrière un corps que je n’osais pas aimer.

On m’a dit que je n’étais pas assez.
Pas assez belle. Pas assez “danseuse”.
Trop différente, pas assez cadrée.
On a critiqué ma façon d’être, de bouger, de m’exprimer.

Mais au fond, il y avait une flamme.
Un feu doux mais tenace, qui me murmurait que j’avais le droit d’être moi.

La photo a été ma première voie de libération.

Je me suis photographiée pour me réconcilier avec mon corps.
Pour l’aimer un peu plus. Pour le regarder autrement.
Même quand certains ne voyaient que de la provocation,
moi, j’y mettais de l’art, du respect, de l’amour.

Car chaque corps est une œuvre. Chaque courbe, une poésie.

Puis est venue la danse.

La danse a toujours été là.
Depuis l’enfance, je dansais sans y penser.
Je dansais pour le plaisir, pour le bien-être, pour sentir la vie circuler dans mon corps.
Sans le savoir, je pratiquais déjà une forme de danse intuitive. Une danse libre, instinctive, naturelle.

Puis j’ai grandi.
Les études, le travail, la vie « sérieuse ».
Je suis devenue Aide-soignante, avec ce désir profond d’aider, de prendre soin des autres.
Mais peu à peu, la danse s’est éloignée.
Elle n’existait plus qu’en soirée, par fragments, comme un souvenir de quelque chose d’essentiel.

Et puis le Covid est arrivé.
Tout s’est arrêté. Tout s’est questionné.
Je me suis demandé si j’étais encore à ma place.
J’aimais aider les gens… mais plus de cette manière-là.

Alors j’ai ressenti le besoin vital de revenir à ce qui me faisait vibrer : la danse.

J’ai tout quitté pour me former.
Je suis partie de zéro, dans une formation intensive mêlant danse urbaine et académique : hip-hop, contemporain, dancehall, waacking, house…
Dix mois intenses, exigeants, parfois violents intérieurement.

Cette formation m’a beaucoup appris : la discipline, la résilience, la détermination.
Mais elle m’a aussi confrontée à une réalité douloureuse : ce n’était pas ainsi que j’aimais danser.

À force de cadres, de codes, de performances, j’ai fini par me perdre.
Je pensais qu’il n’existait qu’une seule façon d’être danseuse.
Entrer dans une compagnie. Correspondre à des attentes. Rentabiliser le corps.

Et à la fin… j’ai sombré.
Une forme de dépression. Une crise identitaire profonde.
Comme si la danse, que j’aimais tant, m’avait été retirée.

C’est alors que la danse intuitive est apparue.
Comme une évidence.
Un rappel à l’essentiel.
Une danse instinctive, viscérale, une danse qui vient de l’intérieur.

Et là, tout s’est aligné.
J’ai compris que ce que je cherchais depuis toujours… était déjà là au début.
Il m’a fallu faire ce long détour pour réaliser que j’étais faite pour cette danse-là.
Une danse sans codes, sans performance, sans jugement.
Une danse vraie. Vivante. Libératrice.

Aujourd’hui, j’ouvre cet espace.
Pour celles et ceux qui ont besoin de se retrouver. De respirer. De danser. De vibrer.

Avec L’ART DU MOUVEMENT je ne propose pas une méthode.

J’offre une reconnexion. Une traversée. Une invitation à s’aimer — vraiment.
Parce que s’aimer soi, ce n’est pas égoïste. C’est vital.

Avec tout mon amour, Mélina